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Les négociants recherchent la fève du Cameroun

Les négociants recherchent la fève du Cameroun 

Au moment où le Cameroun lance la campagne 2017/2018 de commercialisation du cacao, Luc Magloire Mbarga Atangana, Le ministre camerounais du Commerce, fait un état des lieux de la filière.

Le gouvernement a décidé de réduire de 50% la redevance prélevée lors de l’exportation du cacao. Dès cette campagne, la redevance passe de 150 Fcfa à 75 Fcfa par kilogramme. Cette baisse qui est à l’avantage de l’exportateur va-t-elle aussi profiter au producteur ?

Nous avons dit aux exportateurs qu’on revenait sur ce prix à la condition qu’ils jouent le jeu. C’est-à-dire qu’ils consentent à effectivement redonner du pouvoir d’achat aux producteurs. Donc c’est bien la condition sine qua non.

De toutes les manières nous y veillerons. Si ce n’est pas fait, au besoin, nous procéderons à un rappel à l’ordre et si véritablement nous constatons que ce n’est pas suivi, nous pourrons procéder autrement.

Luc Magloire Mbarga Atangana, Le ministre camerounais du Commerce
Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre camerounais du Commerce

Cette baisse aura-t-elle également un impact sur les exportations frauduleuses ?

Nous avons déjà trouvé la parade pour la question des exportations frauduleuses, en concentrant les prélèvements, toutes les formes de prélèvements, entre les mains du service des douanes.

La douane étant au bout de la chaîne, elle assiste les opérations jusqu’à la mise à bord des marchandises. Donc il était illogique que le système de statistiques soit laissé entre les mains d’une structure qui ne maitrise pas toute la chaîne. Aujourd’hui, la douane maitrise la chaine de bout en bout et donc le prélèvement va se faire à son niveau. La plupart des statistiques seront appréciées à partir de ces données douanières.

Nous pensons que par ce biais-là, nous allons éradiquer le phénomène des fausses statistiques, de la fraude à l’exportation.

Le gouvernement, à travers le projet de réhabilitation des séchoirs, a déjà offert 1231 séchoirs de cacao aux producteurs du Sud-Ouest. Est-ce suffisant pour avoir un impact significatif sur la qualité des fèves lorsqu’on sait que la région a près de 10 000 producteurs ?

Les séchoirs ne sont pas individuels. Ils sont au service de la collectivité. Le programme consiste en sa première phase à construire et à offrir 1800 séchoirs. Il y a un cahier de charges qui a été signé par l’ensemble des parties prenantes, des intervenants, c’est-à-dire les producteurs. L’une des clauses, l’une des obligations de ce cahier des charges c’est précisément que les séchoirs sont mis au service de la collectivité.

Le séchoir est un lieu de passage. Ce n’est pas une permanence. Donc, ça devrait tout au moins permettre de faire face au problème du séchage du cacao dans cette région.Fève de cacao

On parle de décote du cacao camerounais sur le marché international. Pourtant les acheteurs se bousculent toujours aux portes du Cameroun. N’est-ce pas paradoxal ?

Ça peut paraitre paradoxal mais il y a une réalité. Intrinsèquement, on ne le dira jamais assez, les négociants recherchent la fève du Cameroun pour un certain nombre de raisons parmi lesquelles la couleur rouge brique de la fève camerounaise. Cette couleur rend tout ce qui est fabriqué à partir de cette fève vendable, marchant, parce que c’est beau la couleur rouge brique. C’est un élément qui joue indéniablement en faveur de la fève camerounaise.

Mais en second lieu, il y a les qualités organoleptiques, entre autres, la teneur en beurre de la fève camerounaise. Les gens viendront toujours chercher la fève camerounaise. Mais, ce n’est pas une raison pour que nous ne fassions pas l’effort de nous mettre à hauteur des exigences du marché. Parce que c’est avant tout notre propre intérêt.

Parlant de décote, vous imaginez, s’il n’y avait pas de décote, ça améliorerait d’autant le revenu du producteur.

Propos de Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre camerounais du Commerce, recueillis par Anne Mireille Nzouankeu